L’ASTERIX AFRICAIN !
Le Burkina Faso est un pays, fascinant et émouvant qui, depuis 20 ans que j’y séjourne régulièrement, n’a cessé de m’étonner. Difficile, en effet, de ne pas tomber sous le charme de ces hommes et de ces femmes intègres qui ont su, bon gré malgré, à force de courage et d’audace, conjuguer au mode politique le réalisme et l’intégrité.
Les burkinabè ont su inventer une nouvelle forme de résistance aux archaïsmes politiques occidentaux, pour survivre humainement, culturellement, écologiquement et économiquement.
Il ne s’agit, hélas, pas d’une exception sur ce Continent mais de l’exception !
Pourquoi cette paix ...
Tout simplement parce qu’historiquement le Burkina Faso a pratiqué, depuis la nuit des temps, l’intégration, la tolérance religieuse, la défense de sa culture et de ses langues, la générosité et l’hospitalité, et surtout la préservation de ses modestes, très modestes richesses naturelles.
Le Burkina Faso c’est un peu l’Astérix africain...
Enclavé, ce pays est un des plus ouverts sur le monde.
Pauvre, il est un des mieux gérés, dixit les observateurs étrangers et organismes internationaux qui viennent de le classer dans le « top 50 de la croissance économique mondiale ».
Stable, il l’est dans un continent submergé de crises.
Fidèle à ses alliances et à ses amis, il est devenu une puissance diplomatique reconnue et efficace...Trop parfois, car dérangeante pour ceux pour qui ce petit pays pauvre et enclavé, mais si riche de sa culture et de ses hommes, devrait rester à la modeste place où l’ingrate nature l’a placé !
La principale cause de cette « exception » burkinabè réside dans l’art qu’ont les dirigeants de ce pays de marier harmonieusement la tradition et la modernité.
La tradition c’est la défense et la promotion de sa culture et le respect de son histoire, celle d’une civilisation vieille de près de 1000 ans mais qui ne s’est pas figée et a donné au peuple burkinabè ses extraordinaires facultés et capacités d’adaptation.
Des capacités d’adaptation écologiques qui font que ce pays sahélien, et donc aride, parvient à la fois à produire, à lui seul, jusqu’à 65% des céréales de toute la région ouest africaine, mais aussi à se classer dans le tiercé de tête, au côté de l’Afrique du Sud, en ce qui concerne la protection de sa faune et particulièrement de ses éléphants !
La modernité, l’observateur la retrouvera dans de nombreux domaines dont la culture est un pilier essentiel... Le FESPACO (Festival Panafricain de Cinéma et de Télévision), le SIAO (Salon International de l’Artisanat), la SNC (Semaine Nationale de la Culture) qui voit s’affronter pacifiquement toutes les ethnies au travers de diverses compétitions qui vont du tir à l’arc à la cuisine, de la danse aux coiffures, aux luttes, les UACO (Universités Africaines de la Communication de Ouagadougou), et j’en passe…
La modernité c’est aussi la rigueur de la gestion reconnue et la démocratisation exemplaire menées depuis 1987.
Le Burkina Faso a su conjuguer la bonne gouvernance économique et financière avec la bonne gouvernance morale basée sur les droits de l’homme.
Le Burkina Faso a su apporter une réponse à l’hémiplégie dont sont trop souvent atteints les Etats en voie de développement qui tentent d’être bons gestionnaires certes, mais font parfois fi de l’humanisme et de l’éthique dans le domaine de la pratique gouvernementale, des libertés publiques et de la préservation de l’environnement !
Tous ces succès, bien sûr, le Burkina Faso les doit à une population entièrement mobilisée dans la lutte contre un environnement naturel plus que difficile, mais il les doit aussi à son Président actuel, Blaise Compaoré, qui a su imposer dans la vie politique de son pays certaines valeurs qui, si elles paraissent aller de soi pour les occidentaux, ne sont pas couramment admises en Afrique ou ailleurs !
Deux de ces valeurs sont le dialogue démocratique et la préservation rigoureuse de l’environnement. Aux yeux de Blaise Compaoré ce sont sur ces bases que pourra se construire la démocratie en Afrique et non en copiant des modèles importés d’occident et donc inadaptés. Il y a près de douze ans déjà il déclarait : « C’est la notion même d’esprit partisan qui est étrangère à l’Afrique. Celle-ci repose sur la confrontation des idées. Or, dans les villages, les chefs traditionnels règnent par le consensus. Même le parti unique n’a rien d’africain. C’est pourquoi au multipartisme, j’ai toujours préféré l’expression du pluralisme d’opinion...»
Quelle belle leçon pour tous ceux qui caricaturent l’Afrique et pour tous ceux qui, à dessein, « singent » l’occident et ses archaïsmes.
La construction que Blaise Compaoré a entreprise est à la mesure de ce que le continent africain tout entier pourrait faire.
Le Sommet, dans tous les sens du terme, des Etoiles pour la Terre, constituera, à n’en pas douter, une étape importante pour son pays et pour l’Afrique !
L'espérance est un désespoir surmonté écrivait Louis Evely.
C'est ce qu’ont bien compris les Burkinabè.
Wend na songoub touma ! Que Dieu guide vos travaux, comme disent les Mossis...et que ce Sommet puisse aider l’Afrique, toute l’Afrique, à ne pas désespérer.
Jean Guion
Président de l'Alliance Francophone
Président du CISAB
(Conseil International de Solidarité avec le Burkina Faso)
Co-Président du Comité de Pilotage du Premier Sommet Mondial des Etoiles pour la Terre





